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L'été indien du marché de l'emploi ?
Encore en septembre, le
marché de l’emploi canadien s’est montré
à l’image de l’économie nationale :
vigoureux. Selon les données de Statistique Canada, le taux
de chômage a fléchi à 5,9 %, passant ainsi sous
la barre des 6 % pour la première fois depuis novembre 1974.
C’est la baisse du nombre de chômeurs (-22 000)
conjuguée à la hausse de la population active (+29
200) qui explique ce recul.
Autre signe que l’économie canadienne roule à
fond de train, les travailleurs âgés (55 ans et plus)
ont été plus nombreux sur le marché (+23 000).
Cela illustre bien ce qu’avance le Centre Eurêka,
à Montréal, qui se spécialise dans la
transition d'emploi des plus de 40 ans : entre 20 % et 40 % des
retraités retourneraient au travail dans les deux ans
après s’être retirés du
marché.
Sans grande surprise, c’est l’industrie des services
(+60 700) qui a été porteuse de la croissance
canadienne de l’emploi, que le secteur des biens est venu
miner avec l’élimination de 9 500 postes. Compte tenu
de la force du dollar canadien, on ne s’étonnera
guère que la fabrication soit l’un des segments qui a
écopé (-3 200). Énigmatiquement, le milieu du
transport et de l’entreposage n’a pas été
touché par la guigne des manufacturiers en septembre, bien
au contraire (+12 700).
Au Québec, le nombre d’emplois créés a
légèrement sursauté (+4 300) et, contre toute
attente, l’Alberta n’a guère fait mieux (+4
600). La Saskatchewan s’est illustrée plus brillamment
(+7 000) si l’on considère la petitesse de sa
population. Mais c’est le marché du travail ontarien
qui a mené le bal, générant à lui seul
presque 60 % des nouveaux postes (+29 700) créés au
pays en septembre. Cependant, la grève
déclenchée chez General Motors aux États-Unis
pourrait venir assombrir ce tableau le mois prochain en gelant
l’approvisionnement en pièces des usines d'assemblage
ontariennes du constructeur automobile.
Dans la Belle Province, non seulement les données du
marché du travail sont décevantes, mais en plus, il
s’agit de postes à temps partiel, ce qui sous-entend
de moins bonnes conditions de travail, voire même une
certaine précarité. Ainsi, tandis que 19 800 emplois
à temps partiel étaient créés, 15 500
emplois à temps plein étaient supprimés.
Malgré tout, le taux de chômage au Québec a
atteint en septembre un creux inégalé en 33 ans, se
portant à 6,9 %.
Alors que 15 600 postes ont été abolis à
Toronto, 7 900 emplois se sont ajoutés en septembre dans la
région métropolitaine de recensement (RMR)
montréalaise, et c’est le temps plein qui a fait bonne
figure (+5 600). Le taux de chômage de la métropole,
quant à lui, s’est replié de 3 points de
pourcentage, glissant de 7,4 % à 7,1 %. Au cumul, le taux de
chômage pour l’année 2007 séjourne
à 7 %, ce qui surpasse facilement pour le moment 2006 (8,4
%) et 2005 (8,7 %).
Forts de 4 600 nouveaux emplois, les manufacturiers
montréalais semblent avoir réussi à tirer leur
épingle du jeu durant cette période. La construction
s’est également remplumée de quelque 4 000
postes. Mais ce pourrait n’être que temporaire, car la
valeur des permis de bâtir dans la RMR a fléchi de
presque 12 % au mois d’août. Car inévitablement,
l’hiver sera de retour !







