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Montréal, le Québec et les BRIC
En janvier dernier, le
Conference Board a publié l’étude The Rise of
the BRICs : What does it mean for Canada?, qui met en
lumière le potentiel de croissance du Brésil, de la
Russie, de l’Inde et de la Chine (BRIC) et dont le Canada ne
tire pas pleinement parti.
Sans surprise, à l’échelle de Montréal
et du Québec, le scénario se répète. On
peut même dire que c’est plutôt ces quatre
puissances émergentes qui profitent de notre marché,
puisque entre 1998 et 2006, les importations au Québec en
provenance des BRIC ont plus que triplé, passant de 2,6
milliards (G$) à 9,7 G$. Leur part dans l’ensemble des
importations québécoises a fait de même, se
chiffrant à 4,9 % en 1998 et bondissant à 12 % en
2006.
Pendant ce temps, les exportations québécoises vers
les BRIC ne se sont multipliées que par deux, passant de 0,7
G$ à 1,7 G$, et la part de ces pays dans le total de nos
exportations est passée de 1,3 % à 2,3 %. Même
s’il s’agit d’une progression, on est encore loin
du fameux 80 % que le marché américain absorbe bon an
mal an !
Pourtant, il ne faut pas chercher longtemps pour comprendre que les
BRIC recèlent un potentiel immense pour Montréal et
le Québec.
Avec des croissances oscillant entre 4,2 % pour le Brésil et
9,5 % pour la Chine, leur économie comptera pour autant que
28 % du PIB mondial, selon les prévisions de 2008. Ces pays
émergents ont une population de 2,8 milliards
d’habitants, qui croît, s’urbanise et rejoint
progressivement les rangs de la classe moyenne, consommant des
biens durables en tous genres, tels que meubles,
électroménagers et voitures. CVTech est un bon
exemple d’entreprise qui profite de ce vaste marché de
consommateurs. La PME de Drummondville conçoit des
systèmes de transmission qui se retrouveront dans certains
modèles de la Tata Nano, une voiture bon marché
à 2 500 $ du constructeur automobile indien Tata
Motors.
À l’inverse, aux États-Unis, les indices de
récession se multiplient. Le 30 janvier dernier, la
Réserve fédérale a abaissé son taux
directeur de 50 points de base, à 3 %, ce qui venait
s’ajouter à une diminution surprise de 75 points
annoncée hors calendrier, une semaine plus tôt.
Également, en janvier, le marché de l’emploi a
enregistré des pertes (-17 000) pour la première fois
depuis 2003 et les ventes au détail ont reculé (-0,4
%). confirmer mercredi
De plus, les exportations québécoises ne
représentent plus une aussi bonne affaire au sud de la
frontière, en raison d’un dollar qui flirte avec la
parité, alors que sa valeur séjournait aux environs
de 0,65 $US au début de l’année 2003. Certes,
le huard s’est également renforcé face aux
devises des BRIC dans les cinq dernières années, mais
dans une moindre mesure : +36 % contre le yuan, +23 % contre la
roupie et +20 % contre le rouble. Mieux encore, face au réal
brésilien, le dollar a même perdu des plumes (- 23
%).
Enfin, c’est sans compter qu’exporter n’est pas
l’unique moyen de profiter du boom économique des
BRIC. À cet effet, l’étude du Conference Board
souligne que le Canada devrait accroître son rôle dans
le marché des investissements directs étrangers
(IDE), où les besoins sont particulièrement
importants en machinerie et équipement (notamment dans le
domaine des technologies de l’information et des
communications) et en infrastructures.







