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La prochaine saison touristique à Montréal

Avec la belle saison qui commence à se pointer le bout du nez, il est de mise de se demander à quoi ressemblera la prochaine saison touristique à Montréal. Un des indicateurs qui permet de mesurer si la saison est bonne ou non, c’est le taux d’occupation des hôtels de la métropole. Depuis la crise du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) dont le Canada a connu un épisode en 2003 et qui en a rebuté plus d’un à voyager, le taux d’occupation hôtelière a repris du poil de la bête et s'est depuis maintenu autour de 67 %. Il en a été de même en 2007 avec, en moyenne, 67,1 % des chambres qui ont été louées. C’est le mois de septembre qui a d'ailleurs connu le plus fort achalandage, avec un taux d’occupation de 81,6 %. Durant cette période, le prix des chambres est demeuré plutôt stable : à 138,82 $ la nuitée en moyenne, il était même moins élevé qu’en 2006 (140,31 $) et 2005 (139,54 $).

Toutefois, plusieurs éléments laissent surgir des questionnements quant à ce que réserve la saison qui s’en vient. L’industrie touristique québécoise est un secteur économique majeur avec 61 300 emplois et 2,4 G$ de produit intérieur brut. Mais elle connaît son lot de défis. Tout d’abord, en matière de personnel, elle est reconnue pour son taux de roulement important et pour ses salaires souvent peu élevés. Le fait que l’économie canadienne se porte bien et que le taux de chômage n’ait jamais été aussi bas dans les trente dernières années constitue tout un défi : les postes exigeants et moins bien rémunérés sont de plus en plus difficiles à pourvoir.

Également, selon une étude de Tourisme Montréal (2006), les Américains représentent 18 % du marché touristique et 25 % des dépenses touristiques effectuées dans la métropole. En chiffres absolus, on parle de 1,3 million de visiteurs des États-Unis qui dépensent 595 millions $ en hébergement, restauration, achats, etc. Sans surprise, si l’on exclut les Québécois et les Canadiens, nos voisins du Sud représentent le groupe le plus important de visiteurs à Montréal.

La métropole est donc à certains égards dépendante de cette source touristique. Inutile alors de mentionner à quel point la crise immobilière américaine et le ralentissement attendu de l’économie sont tout sauf de bonnes nouvelles pour notre industrie touristique.

Mais ces facteurs ne sont pas les seuls à venir gâcher la fête : le prix du baril de pétrole a littéralement explosé, avec les répercussions que l’on sait à la pompe. Considérant que près de 65 % des Américains utilisent la voiture pour se rendre à Montréal, on peut facilement imaginer que le poste de dépenses pour le transport vient gonfler le coût du voyage et constituer une dissuasion.

Dernier élément, mais non le moindre, notre industrie touristique pâtit manifestement de la force du huard. Il a atteint la parité contre le billet vert l’automne passé et s’y maintient depuis, alors qu’il valait 65 cents américains au début de sa vertigineuse ascension en 2003. Une hausse de valeur de 50 % ! Ainsi, magasiner dans les boutiques montréalaises n’est plus le même genre d’aubaine qu’auparavant.

En dépit de cela, il y a de bonnes nouvelles pour le tourisme montréalais. Depuis le pic du 7 novembre dernier où il valait 74 cents d’euro, le dollar canadien s’est écroulé en l’espace d’à peine quelques mois. Désormais, il ne vaut plus que 63 cents. Cela augure plutôt bien pour le tourisme d’origine européenne, notamment celui en provenance de la France, car les Français représentent 26,5 % des touristes « internationaux » – c’est-à-dire ceux qui proviennent d’ailleurs que du Canada et des États-Unis. On peut même s’attendre à ce qu’ils soient un peu plus nombreux qu’à leur habitude, puisqu’ils profiteront des célébrations du 400e anniversaire de la ville de Québec pour visiter leurs cousins d’Amérique, en passant presque à coup sûr par Montréal.